CHARLES-LOUIS PHILIPPE DEVANT SA MAISON À CÉRILLY

Dessin de Jacques Poinson

     Musée Charles-Louis Philippe à Cérilly (Allier)

Les Amis de Charles-Louis Philippe gèrent le musée installé dans la maison natale de cet auteur né en 1874 et mènent des actions afin de faire découvrir ou redécouvrir cet homme talentueux, mort hélas trop jeune en 1909 telles que la réédition de ses œuvres.

« Cette maison est tout entière à son échelle ; c’est parce qu’elle était très petite qu’il en est sorti tout petit. (…) vu de Paris Philippe nous apparaît très grand. » … C’est ainsi qu’André Gide parle de Philippe dans son Journal.

Le musée respecte l’atmosphère de la maison dans laquelle il a vécu dans sa jeunesse et lors de ses vacances : sa chambre, le vieil escalier, l’atelier du sabotier, la petite cour et la grande chambre du bas « qui appartient à Maman ». (La Mère et l’Enfant)

Sa vie parisienne est développée à l’étage. Les objets personnels côtoient les manuscrits.

Parcourir la « Petite Ville » jusqu’au cimetière, c’est aussi se familiariser avec l’écrivain et les lieux qui servent de cadre à plusieurs Contes, mais aussi au « Père Perdrix » , à « La Bonne Madeleine »…

Musée ouvert du 1er mai au 30 octobre samedis, dimanches et jours fériés de 15 h à 18 h. Tous les jours en juillet et août de 15 h à 18 h et sur demande, de même que les visites commentées tél : 04 70 67 52 00.

Pendant la « Nuit des Musées » le 19/05, ouvert de 15 h à 20 h. Gratuit, visite guidée 17 h 30 et film.

Un écrivain : Charles-Louis Philippe (1874-1909)

   Parti pour être ingénieur, le fils de Cérilly éprouve une vive attirance pour la littérature encouragé par son condisciple au lycée Banville de Moulins , le jeune Marcel Ray.
    En premier il se voue à la poésie, (sur les traces de Mallarmé…) mais ensuite il se consacre à l’écriture romanesque.
    Après une période de « vaches maigres » à Paris, il est reçu à un concours administratif de la Ville de Paris et travaille à la mairie du IVe arrondissement. Il y habite également surtout dans l’île Saint Louis près de l’eau et des arbres qui lui rappellent sa chère forêt de Tronçais. En effet son cœur reste à Cérilly, plusieurs ouvrages ont pour cadre « la Petite Ville ». Ils s’inspirent de la vie quotidienne des artisans de son quartier, -la Croix Blanche- : « La Mère et l’Enfant », un hommage à l’amour maternel, « Le Père Perdrix » inspiré par la vie du voisin , le forgeron, « Charles Blanchard » proche de l’enfance de son père.
La vie parisienne lui inspire le reste de son œuvre avec le souci constant de « rester du côté des pauvres ». Là réside son originalité : mettre son imagination et sa plume au service de ceux que la « Belle Époque » laisse de côté. Il le fait avec « le regard pénétrant du cœur ». Ainsi vont naître « Bubu de Montparnasse », « Marie Donadieu », « Croquignole », de nombreux contes, les « Contes du Matin » et de nombreuses chroniques « Chroniques du Canard Sauvage ». Il écrira aussi dans une trentaine de revues…

    À Paris existent les courants de pensée et les moyens d’informations qui font défaut en province. André Gide, Léon-Paul Fargue, Jean Giraudoux (son voisin aussi à Cérilly) Francis Jammes, Marguerite Audoux, Valery Larbaud, Francis Jourdain, Léon Werth, resteront ses amis et admirateurs fidèles au – delà de la mort qui selon l’expression de son voisin et ami Paul Claudel « l’arrache en plein fruits » à 35 ans en 1909. De même Émile Guillaumin, son « voisin » d’Ygrande deviendra le 1e président de notre association.

   La NRF, devenue les éditions Gallimard, venait de naître, il était l’un de ses fondateurs. Inscrit aux Célébrations Nationales en 2009 , le centenaire de sa mort fut marqué par diverses manifestations dont un colloque à Clermont-Ferrand et une exposition au musée Anne de Beaujeu car son œuvre fut abondamment illustrée (Grandjouan, Albert Marquet, Dunoyer de Segonzac… Jacques Poinson plus récemment pour les Œuvres Complètes).